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La Gazette des Absents (numéro 17)



passé tous par la même brèche. À partir de lundi prochain, il sera livré régulièrement 24 de ces pièces par chaque jour. _ Dans la journée d'hier, on a essayé, au Mont-Valérien, une nouvelle pièce nommée Clémentine, qui peut lancer, dit-on, des bombes jusque sur la terrasse de Saint-Germain
._ À Versailles. Un habitant de Marly-le-Roi, qui vient d'arriver à Paris après avoir passé par Versailles, nous dit que la ville est fort triste et fort surveillée. Les habitants se voient peu ; dans les rues, il se saluent, se prennent la main et se quittent promptement. Les cafés et les restaurants sont remplis d'officiers prussiens, qui parlent presque tous français et se flattent hautement qu'ils entreront dans Paris avant Noël. En ce cas, il est plus que temps qu'ils s'y préparent. On peut rapprocher de ces forfanteries un ordre du jour de M. de Moltke, daté de versailles, qu'on prétend avoir été trouvé dans le sac d'un soldat prussien, et qui renfermerait la phrase suivante : «l'armée de Paris, employée à maintenir l'ordre au milieu d'une population affamée, ne peut tarder d'ouvrir les portes de la capitale. » Si le mot n'est pas vrai, il est au moins vraisemblable, car un des grands moyens employés pour soutenir le courage des assiégeants est de leur répéter sur tous les tons que nous sommes en proie à la guerre civile.
-- VENDREDI, 16 décembre. -- Pas de Rapport militaire.
ACTES OFFICIELS. -- Décret: faisant réquisition des chevaux, ânes et mulets existant à Paris et dans le territoire en deçà de la ligne d'investissement ; -- interdisant l'abattage de ces animaux.
Dépêches reçues de Tours, et datées des 5 et 11 décembre. Elles nous annoncent la reprise d'Orléans par l'ennemi, qui menace aussi d'occuper Rouen, et le départ du Gouvernement pour Bordeaux. Le reste de la dépêche accuse une situation excellente de nos armées, malgré leurs mouvement de retraite en certains points.-- Nous avions déjà eu connaissance de ces événements hier par la Nouvelle Gazette de Prusse, qui rend justice au courage de nos armées et reconnaît que la tâche devient difficile pour l'armée prussienne. -- Nouvelles du siège. Bien que le canon ait beaucoup donné pendant les trois jours qui viennent de s'écouler, nous n'avons pas eu de rapport militaire. On est nerveux par le temps qui court, et les journaux, agacés par le silence de l'Etat-Major, si peu en harmonie avec le bruit de nos forts, n'ont pu résister à la tentation de bâtir des récits de combats sur des données plus ou moins hypothétiques. Il a été surtout question d'un combat de Boulogne, qui se réduit (nous le savons de source certaine) à une très vive fusillade partie de notre côté pour protéger le voyage de canonnières allant du Point-du-Jour à Saint-Denis. Il y a eu aussi, comme d'ordinaire, quelques fusillades d'avant-postes en différents endroits. Quant au tir répété des forts, il était à l'adresse des nouveaux travaux faits par l'ennemi à la faveur des derniers brouillards.
-- L'intégrité du territoire. S'il est une question sur laquelle tout le monde soit d'accord, et où viennent se fondre les couleurs les plus foncées et les nuances les plus pâles de l'opinion publique, c'est bien celle de l'intégrité de notre territoire. On peut dire hardiment qu'il n'est personne qui consentît à acheter la paix par la cession volontaire d'une partie quelconque du sol national. Nous empruntons à la Troisième lettre sur le siège de Paris écrite par M. Vitel à la Revue des Deux-Mondes, les lignes suivantes, exprimant, sur cette question vitale, des sentiments qui sont certainement partagés par la presque-unanimité de nos concitoyens.

  « le Times a raison, jamais ce ne sera la paix si notre France est mutilée. Ne sentez-vous pas jusqu'au fond de vous-même l'effrayante vérité de cette prophétie ? Je croyais aimer mon pays quand il était prospère et respecté, mais de quel amour tout autre je me sens pris pour lui depuis qu'on le menace de cette flétrissure ! Il est des malheurs qui s'effacent : on oublie l'affront d'un tribut, on oublie même des pierres renversées ; mais le seul qui nous est volé, comment l'oublier jamais ? Cette France, dont la figure vous aussi bien connue pour l'avoir toujours vue depuis votre naissance et l'avoir reçu de nos pères quand vous en apprendrez l'histoire à vos enfants, et que du doigt sur la carte vous suivez la fatale échancrure, ne leur soufflerez-vous pas malgré vous un esprit de vengeance et de haine qui ne pourra s'éteindre de dix générations ? Qu'on respecte au contraire notre sol, et, si j'en juge par moi-même, les souffrances d'orgueil s'apaiseront et s'éteindront. Notre honneur satisfait, au lieu de nourrir nos rancunes, nous pourrons, tête haute, professer l'horreur de la guerre.... Puisse l'effort qui, en ce moment même, se tente sous nos murs, venir en aide à notre droit ! Puisse Dieu nous rendre la victoire, surtout pour n'en pas abuser et pour prendre sur nos vainqueurs une digne et vraie revanche, celle de ne pas les imiter. J'entends des gens nous dire : Regardons bien comme il s'y prennent, et tâchons d'en faire autant qu'eux. Non, jamais ; ce n'est pas forfanterie, jamais la victoire à ce prix. Corrigeons nos défauts, mais gardons les faveurs que nous tenons du ciel, et qui sont notre raison d'être. Restons nous-mêmes : car en vérité, croyez-moi, plus je vois ces barbares mécaniques, plus je demande à Dieu que jamais nous ne leur ressemblions».
La lettre d'où est extrait ce passage a été précédée de deux autres, dans lesquelles brille, avec la même éloquence, le noble langage de M. Vitel, si bien fait pour raffermir nos résolutions. Nous profitons de l'occasion qui nous est offerte ici pour féliciter hautement la Revue des Deux-Mondes de la campagne toute patriotique qu'elle a entreprise dès le début de la guerre : tenant toujours haut, devant l'invasion allemande, le drapeau de l'intelligence française, elle a suivi invariablement la ligne de conduite qui aurait dû être de toute la presse, sans distinction d'opinions.
DÉPARTS DES BALLONS-POSTE : Jeudi matin, 15 décembre, à 4 heures, la Ville-de-Paris, parti de la gare du Nord, et emportant MM. Lucien Morel et Bilobault, 65 kilogrammes de dépêche et 12 pigeons. Nous venons seulement d'apprendre par le Times, l'heureux atterrissement du ballon l'Égalité, parti le 23 novembre sous la direction de M. Wilfried de Fonvielle, et sur lequel on avait la plus grande inquiétude, aucun des pigeons qui l'accompagnaient n'étant encore revenu. -- Nous apprenons aussi que le Franklin, parti le 5 décembre, est allé descendre à Nantes.
-- Les Dépêches. Les dépêche d'aujourd'hui sont le premier essai du système de M. Dagron, qui n'est donc pas tombé chez les Prussiens avec ses appareils. Plus de 1,200 dépêches privées sont arrivées. -- Nous apprenons avec joie que, grâce à un système combiné de ballon et de télégraphie, nous allons sans doute avoir tous les jours des nouvelles.


BOURSE. Derniers cours. 13 décembre : 3 p. 100, 53.80 ; emprunt, 55. - 14 décembre : 3 p. 100, 53.60 ; emprunt, 55.65. - 15 décembre : 3 p. 100, 53.60 ; emprunt, 54.75.

D. JOUAUST.



Imprimerie, 338, rue Saint-Honoré.


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Un grand merci à Philippe ROBY (Philatélie72) collectionneur passionné pour nous avoir transmis les documents pour les numéros 2 à 10, 12 à 14, 18 à 21, 24, 26 à 28.
Ainsi qu'à Chantal S. pour le numéro 17.


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Toussaint COPPOLANI
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